Jeune maman avec son bébé, un moment du quotidien après la naissance

Post-partum : pourquoi demander de l’aide avant d’être à bout ?

Se sentir seule après une naissance, subir les conseils et les comparaisons, ne pas oser demander de l'aide : parlons du vrai quotidien des jeunes mamans.

Il y a quelque chose qui revient très souvent dans mes échanges avec les jeunes mamans : elles sont entourées, parfois même très entourées, et pourtant elles se sentent seules.

Elles ont un conjoint, de la famille, des amis, des professionnels de santé autour d’elles. Elles reçoivent des messages, des visites, des conseils, parfois même beaucoup trop de conseils. Mais lorsqu’une difficulté se présente avec leur bébé, elles ne savent pas toujours à qui en parler, à qui faire confiance ou simplement à qui poser leurs questions sans avoir l’impression d’être jugées.

Et ce qui me frappe, c’est le nombre de femmes qui attendent d’être vraiment épuisées avant d’oser demander de l’aide.

Pas forcément parce qu’elles n’en ont pas besoin avant. Mais parce qu’elles ont souvent intégré cette idée qu’une maman devrait naturellement savoir faire, trouver les réponses et réussir à gérer les choses par elle-même.

Devenir maman, ça ne veut pas dire tout savoir

Quand on attend un bébé, on essaie généralement de se préparer. On se renseigne sur l’accouchement, on choisit du matériel, on prépare sa chambre, ses vêtements et parfois même une organisation qui semble parfaitement fonctionner sur le papier.

Et puis le bébé arrive, avec ses besoins, son tempérament, ses réactions et ses propres rythmes. On découvre alors qu’on peut avoir lu beaucoup de choses sur l’allaitement et rencontrer malgré tout des difficultés à mettre son bébé au sein. Qu’on peut connaître les recommandations sur le sommeil et ne pas comprendre pourquoi son enfant se réveille aussi souvent. Ou encore qu’on peut savoir que les pleurs sont un moyen de communication sans réussir à comprendre ce qu’ils expriment à un moment précis.

C’est normal d’avoir besoin d’apprendre à connaître son bébé. C’est même une grande partie de ce qui se construit pendant les premières semaines.

Pourtant, les attentes envers les jeunes mamans laissent parfois très peu de place à cet apprentissage. On leur demande d’être attentives, disponibles, patientes, organisées, de prendre soin de leur bébé, mais aussi de récupérer de leur accouchement et de retrouver progressivement leur vie d’avant. Tout cela avec un sommeil parfois très morcelé et des journées dont le programme peut changer à peu près toutes les vingt minutes.

Il y a de quoi se sentir dépassée, même lorsqu’on avait très envie de devenir maman.

Mamie a fait comme ça, tata conseille autre chose et Instagram a encore une troisième solution

Ce qui ne manque généralement pas après une naissance, ce sont les avis.

Il y a les conseils de la famille, ceux des amis qui ont déjà des enfants, les expériences des collègues et toutes les recommandations qu’on peut découvrir sur les réseaux sociaux. Et souvent, chacun est absolument convaincu de détenir la bonne méthode.

Pour l’allaitement, le sommeil, les pleurs, les bras, les repas ou les habitudes à prendre, on peut entendre tout et son contraire au cours d’une même journée.

Le problème n’est pas que les proches souhaitent aider. Beaucoup le font avec de bonnes intentions et en s’appuyant sur ce qu’ils ont eux-mêmes vécu. Mais leur expérience ne correspond pas nécessairement à la situation de la maman qui les écoute, et certaines recommandations ne sont pas adaptées aux connaissances actuelles.

Quant aux réseaux sociaux, ils peuvent être une formidable source d’informations, à condition de garder un peu de recul. Une méthode qui semble avoir transformé le quotidien d’une famille ne fonctionnera pas automatiquement pour une autre. À force d’entendre ce qu’il faudrait faire, certaines mamans finissent par douter de ce qu’elles observent elles-mêmes chez leur bébé.

Et surtout, elles peuvent avoir le sentiment que si les autres ont réussi, elles devraient pouvoir y arriver aussi.

Sauf que les bébés sont différents, les parents sont différents et les situations familiales le sont tout autant. On ne peut pas prendre l’expérience de quelqu’un d’autre et espérer qu’elle s’applique exactement à notre quotidien.

Se sentir seule alors qu’on est entourée

C’est probablement l’un des aspects les plus difficiles à expliquer à quelqu’un qui ne l’a pas vécu. On peut avoir du monde autour de soi et manquer malgré tout d’un espace dans lequel parler librement de ses difficultés.

Parce qu’on n’a pas forcément envie d’entendre que notre bébé devrait déjà faire ses nuits, qu’on le prend trop souvent dans les bras ou que l’allaitement est censé être naturel. Parfois, on aimerait simplement pouvoir dire qu’on est fatiguée, qu’on ne comprend pas ce qui se passe ou qu’on a besoin d’aide, sans recevoir immédiatement une comparaison avec le bébé de la voisine.

Et puis il y a cette solitude très particulière des moments où les questions arrivent.

Quand on est seule avec son bébé qui pleure depuis longtemps, qu’une tétée devient douloureuse ou qu’on commence à s’inquiéter de quelque chose qu’on n’avait pas anticipé, ce dont on a besoin, ce n’est pas forcément d’une nouvelle méthode trouvée sur Internet. On a parfois surtout besoin d’une personne compétente qui nous écoute, nous aide à comprendre la situation et nous indique quoi faire ensuite.

Un samedi à 16 h, un problème d’allaitement et personne à qui poser ma question

Je me souviens particulièrement d’un week-end où j’ai rencontré une difficulté avec mon allaitement. C’était un samedi, vers 16 h, et je n’avais personne vers qui me tourner pour obtenir rapidement une réponse adaptée à ma situation. J’ai passé un week-end horrible.

Avec le recul, ce qui me marque dans cette expérience, ce n’est pas uniquement la difficulté rencontrée. C’est aussi le fait de ne pas avoir pu obtenir l’aide dont j’avais besoin au moment où j’en avais besoin. Parce qu’une question qui reste sans réponse peut prendre énormément de place, surtout lorsqu’on est fatiguée, qu’on s’inquiète pour son bébé et qu’on ne sait pas si ce qu’on vit est habituel ou nécessite une intervention.

On cherche alors des informations, on compare les témoignages, on essaie de comprendre et, parfois, on finit par se mettre encore davantage la pression.

Cette expérience a aussi nourri ma façon d’envisager l’accompagnement des parents aujourd’hui. Je sais combien il peut être important de pouvoir poser une question sans attendre d’être complètement dépassée, mais aussi de savoir vers quel professionnel se tourner lorsque la situation demande une évaluation ou des soins.

Comprendre les besoins de son bébé, plutôt que chercher à appliquer une méthode

Lorsqu’une maman me contacte parce que son bébé pleure beaucoup, se réveille régulièrement ou rencontre des difficultés autour de l’alimentation, mon objectif n’est pas de lui donner une recette à appliquer.

Je cherche d’abord à comprendre ce qui se passe. Quel âge a son bébé ? Comment se déroulent les journées ? Qu’a-t-elle déjà essayé ? Qu’est-ce qui l’inquiète particulièrement ? Quelles sont ses attentes et ses possibilités au quotidien ? Ces questions permettent de replacer les difficultés dans leur contexte et de ne pas tirer de conclusions trop rapides.

Il est également important de comprendre certains mécanismes de base. Savoir que le sommeil d’un nourrisson évolue avec son développement, que les pleurs peuvent avoir différentes causes ou que l’allaitement demande parfois des ajustements permet déjà de regarder certaines situations autrement.

Cela ne règle pas nécessairement toutes les difficultés, mais cela aide à distinguer ce qui relève d’une évolution habituelle, ce qui peut être adapté au quotidien et ce qui mérite un avis médical ou un accompagnement spécialisé. Et surtout, cela permet aux parents de faire des choix en comprenant pourquoi ils les font, plutôt qu’en essayant successivement toutes les recommandations qu’ils ont entendues.

Demander de l’aide avant d’être épuisée, ce n’est pas en faire trop

Je crois qu’on a parfois une vision assez étrange de l’aide après une naissance.

On trouve normal de se préparer à l’accouchement, de consulter pendant la grossesse et de faire suivre son bébé par des professionnels de santé. Mais lorsqu’il s’agit du quotidien avec ce bébé, certaines femmes ont l’impression qu’elles devraient se débrouiller seules. Comme si les questions sur les pleurs, le sommeil, l’allaitement ou les premières séparations étaient des détails qu’elles devaient forcément réussir à gérer.

Pourtant, ce sont précisément ces situations qui occupent une grande partie de la vie des jeunes parents.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que l’allaitement devienne une source d’angoisse, que les nuits soient insupportables ou que les pleurs provoquent un sentiment d’impuissance pour demander des explications.

Parfois, quelques informations adaptées permettent de mieux comprendre une situation et d’envisager des ajustements. D’autres fois, un accompagnement plus approfondi ou une orientation vers un professionnel de santé sera nécessaire.

L’important est de ne pas rester seule avec une difficulté simplement parce qu’on pense qu’on devrait être capable de la résoudre sans aide.

Faire de son mieux, c’est déjà beaucoup quand tout évolue en permanence

Avec le recul, il y a une chose que j’aurais aimé comprendre plus tôt dans ma propre maternité : faire de son mieux, c’est déjà énorme.

Parce que devenir parent, ce n’est pas apprendre une fois pour toutes à s’occuper d’un enfant, puis appliquer tranquillement ce qu’on a compris pendant les dix-huit années suivantes. Ce serait pratique, mais les enfants ont rarement cette délicatesse.

Un bébé évolue, ses besoins changent, ses rythmes aussi. Les parents apprennent, se questionnent, ajustent leurs habitudes. Le couple évolue, l’organisation familiale se transforme et les circonstances de la vie viennent parfois modifier ce qui fonctionnait très bien jusque-là. Même les connaissances et les recommandations autour de la petite enfance évoluent avec le temps.

Ce qui convenait à une famille il y a vingt ans n’est pas forcément ce qui correspond aux recommandations actuelles, et ce qui fonctionne avec un premier enfant ne sera pas nécessairement adapté au suivant. Alors évidemment, on tâtonne. On essaie des choses, on en abandonne d’autres, on se trompe parfois et on recommence autrement.

Cela ne veut pas dire qu’on fait mal les choses. Cela signifie simplement qu’on accompagne un enfant qui grandit, tout en continuant soi-même à apprendre à être parent. Et je trouve qu’on oublie beaucoup trop souvent cette réalité lorsqu’on parle de maternité.

Chez Périnatalia, accompagner les parents, c’est aussi leur permettre de ne pas rester seuls

C’est dans cet esprit que j’ai construit mes accompagnements autour de la maternité et des premiers mois avec bébé.

Je rencontre des parents qui ont besoin de comprendre les pleurs de leur enfant, de faire le point sur son sommeil, de préparer une reprise du travail ou d’échanger autour de leur allaitement. Parfois, les questions sont nombreuses et nécessitent un accompagnement personnalisé. D’autres fois, une difficulté précise apparaît et les parents ont surtout besoin de pouvoir en parler, de comprendre ce qu’ils observent et de savoir quelles pistes explorer.

C’est aussi pour ces situations que j’ai créé le SOS Flash, un rendez-vous en visioconférence de 20 minutes, pour faire le point sur une question ciblée autour du quotidien avec bébé.

Il ne remplace évidemment pas une consultation médicale, une évaluation spécialisée ou une prise en charge urgente. Mais il permet de ne pas devoir attendre qu’une question devienne une source de stress supplémentaire pour chercher un accompagnement. Et lorsque la situation dépasse mon champ de compétences, mon rôle est aussi d’orienter les parents vers le professionnel adapté.

Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses pour être une bonne maman

J’aimerais que les femmes puissent vivre leur maternité sans avoir constamment l’impression de devoir prouver qu’elles savent faire.

Qu’elles puissent poser des questions sans se sentir jugées, demander de l’aide sans culpabiliser et reconnaître qu’une situation est difficile sans que cela remette en question leur capacité à prendre soin de leur bébé. Parce qu’on peut être une maman attentive, aimante, investie, et ne pas savoir quoi faire face à certaines situations.

On peut aussi avoir besoin d’explications, de soutien, de repos ou simplement d’un regard extérieur pour prendre une décision. Et surtout, on n’est pas obligée de reproduire ce que mamie, tata ou une inconnue sur Instagram a fait avec son bébé.

Le tien est différent. Toi aussi. Et vous avez le droit de trouver progressivement ce qui vous correspond.

Je suis Céline, sophrologue spécialisée dans l’accompagnement des femmes, de la maternité et des enfants, et fondatrice de Périnatalia.

J’accompagne les parents autour des questions du quotidien avec bébé, notamment les pleurs, le sommeil, l’allaitement et les premières séparations, à domicile ou en visioconférence selon les prestations.

Si tu rencontres une difficulté ou si tu aimerais simplement mieux comprendre ce que vit ton bébé, tu peux découvrir mes accompagnements sur perinatalia.fr.

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